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Obésité et surpoids

7 octobre 2026
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L’essentiel

  • En 2024, une personne sur sept dans le monde était obèse. Ceci représente 1,1 milliard de personnes dans le monde.
  • Au niveau mondial, le nombre d’adultes obèses a plus que doublé depuis 1990, et le nombre d’adolescentes et adolescents obèses a été multiplié par quatre.
  • En 2024, 45 % des adultes âgés de 18 ans et plus (soit 2,6 milliards de personnes) étaient en surpoids, dont 940 millions (soit 16 % des adultes) étaient obèses.
  • En 2024, 35 millions d’enfants de moins de cinq ans étaient en surpoids.
  • En 2024, 400 millions d’enfants ainsi que d’adolescentes et adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids, dont 170 millions étaient obèses.

Vue d’ensemble

L’obésité est une maladie chronique qui touche 1,1 milliard de personnes dans le monde (1).

Elle est favorisée par des interactions complexes entre des déterminants environnementaux, sociaux, biologiques et comportementaux. La progression mondiale de l’obésité contribue à l’aggravation de la charge du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires, des maladies hépatiques et rénales, ainsi que de plusieurs cancers (3).

L’obésité touche les populations de toutes les régions du monde et a augmenté parallèlement aux progrès de la sécurité alimentaire et du développement socio-économique, et à l’évolution importante des régimes alimentaires, des habitudes en matière d’activité physique et, plus généralement, des normes sociales et comportementales. Tous ces changements ont créé des conditions propices à une prise de poids excessive et rendent la prévention et le traitement plus difficiles. En conséquence, l’obésité est devenue un enjeu de santé publique de taille à l’échelle mondiale.

Le diagnostic de surpoids et d’obésité repose sur la mesure du poids et de la taille et sur le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC) : poids (kg)/taille² (m²). D’autres mesures, comme le tour de taille, permettent également de repérer le surpoids ou l’obésité.

Chez l’adulte, l’adolescent, l’enfant et le nourrisson, les catégories de l’IMC définissant le surpoids et l’obésité varient selon l’âge et le sexe.

Définition du surpoids et de l’obésité

L’OMS définit le surpoids et l’obésité comme suit :

Adultes

  • Il y a surpoids quand l’IMC est égal ou supérieur à 25 et
  • il y a obésité quand l’IMC est égal ou supérieur à 30.

Enfants et adolescents de 5 à 19 ans

  • Il y a surpoids quand l’IMC pour l’âge est supérieur à un écart-type au-dessus de la médiane de la norme de croissance de référence de l’OMS et
  • il y a obésité quand l’IMC pour l’âge est supérieur à deux écarts-types au-dessus de la médiane de la norme de croissance de référence de l’OMS.

Courbes et tableaux : normes de croissance de référence de l’OMS pour les enfants âgés de 5 à 19 ans (en anglais)

Enfants de moins de 5 ans

  • Il y a surpoids quand le poids pour la taille est supérieur à deux écarts-types au-dessus de la médiane des normes de croissance de l’enfant de l’OMS et
  • il y a obésité quand le poids pour la taille est supérieur à trois écarts-types au-dessus de la médiane des normes de croissance de l’enfant de l’OMS ;

Courbes et tableaux : normes de croissance de l’OMS pour les enfants âgés de moins de cinq ans (en anglais)

Prévalence du surpoids et de l’obésité

En 2024, 2,6 milliards d’adultes âgés de 18 ans ou plus étaient en surpoids, dont 940 millions étaient obèses (1). Cela signifie que 45 % des adultes âgés de 18 ans et plus (44 % des hommes et 45 % des femmes) étaient en surpoids, contre 25 % en 1990. La prévalence du surpoids variait selon les Régions, dans une fourchette allant de 32 % dans la Région de l’Asie du Sud-Est et la Région africaine à 68 % dans la Région des Amériques.

Environ 16 % des adultes de 18 ans et plus dans le monde étaient obèses en 2024. La prévalence de l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1990 et 2024.

En 2024, on estimait que 35 millions d’enfants de moins de cinq ans étaient en surpoids (2). Autrefois considéré comme un problème concernant uniquement les pays à revenu élevé, le surpoids est désormais en augmentation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En Afrique, le nombre d’enfants de moins de cinq ans en surpoids a augmenté de près de 12 % depuis 2000. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans en surpoids en 2024 vivaient en Asie.

En 2024, 400 millions d’enfants, ainsi que d’adolescentes et adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids. La prévalence du surpoids (obésité comprise) chez les enfants, ainsi que chez les adolescentes et adolescents âgés de 5 à 19 ans a considérablement augmenté, passant de 8 % en 1990 à 20 % en 2024. L’augmentation a suivi la même courbe chez les garçons et chez les filles : en 2024, 19 % des filles et 21 % des garçons étaient en surpoids.

Il y avait 8 % d’enfants, ainsi que d’adolescentes et adolescents (170 millions de jeunes) obèses en 2024, contre 2 % à peine de jeunes de 5 à 19 ans (31 millions) en 1990.

La prévalence de l’obésité augmente actuellement plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, ainsi que dans de nombreuses populations rurales à travers le monde, que dans les populations urbaines et dans les pays à revenu élevé auxquels elle était autrefois associée.

Causes du surpoids et de l’obésité

L’obésité est une maladie chronique résultant d’interactions complexes entre facteurs environnementaux et psychosociaux et sensibilité biologique.

Le problème mondial de l’obésité tient à l’existence d’environnements de plus en plus obésogènes qui limitent l’accès à des aliments sains, abordables et produits de manière durable, qui limitent les possibilités d’activité physique sans risque et qui sont conditionnés par les forces du marché et des cadres juridiques et réglementaires inadéquats. Ces facteurs sont aggravés par la capacité insuffisante du système de santé de prévenir, de repérer et de prendre en charge précocement les cas d’obésité. Pour relever ce défi, il faut mener une action coordonnée entre les systèmes alimentaires, l’environnement bâti, les politiques réglementaires et budgétaires, ainsi que les systèmes de santé afin de renforcer la prévention, le diagnostic précoce et la prise en charge multimodale de l’obésité chronique, y compris le traitement, les soins et le soutien continu.

L’obésité se caractérise par un dérèglement des voies neurobiologiques et métaboliques impliquées dans l’appétit, le bilan énergétique et le fonctionnement du tissu adipeux, la vulnérabilité individuelle dépendant de variations génétiques.

Conséquences sanitaires et économiques

Les risques pour la santé liés au surpoids et à l’obésité sont de mieux en mieux connus et compris.

En 2023, environ 3,7 millions de décès dus à des maladies cardiovasculaires, au diabète et aux cancers étaient liés à un IMC supérieur à la normale (3).

Le surpoids et l’obésité au cours de l’enfance et de l’adolescence nuisent au bien-être physique, mental et social et doivent être repérés et traités le plus tôt possible. Ils sont associés à la stigmatisation, à la discrimination, au harcèlement, à une dégradation de la qualité de vie et à une baisse des résultats scolaires. Sans intervention rapide, l’obésité persiste souvent à l’âge adulte, augmentant le risque et accélérant l’apparition de maladies non transmissibles (MNT), dont le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. La prévention précoce et un traitement efficace permettent de réduire ces risques à long terme et d’améliorer la santé tout au long de la vie.

L’épidémie d’obésité a également d’importantes incidences économiques. Si rien n’est fait, les coûts mondiaux du surpoids et de l’obésité devraient atteindre 3000 milliards de dollars des États-Unis (USD) par an d’ici à 2030 et plus de 18 000 milliards USD d’ici à 2060 (4). 

Faire face au double fardeau de la malnutrition

De nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire sont confrontés au « double fardeau de la malnutrition ».

Alors que ces pays continuent de faire face aux problèmes des maladies infectieuses et de la dénutrition, ils connaissent également une augmentation rapide des facteurs de risque de maladies non transmissibles, telles que l’obésité et le surpoids.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les enfants risquent davantage de ne pas recevoir une alimentation adaptée, que ce soit avant leur naissance ou dans les premiers mois et les premières années de leur vie. Parallèlement, les enfants sont exposés à des aliments riches en lipides, en sucre et en sel, très caloriques, mais pauvres en micronutriments, qui sont généralement moins chers mais sont aussi de qualité nutritionnelle inférieure. Ces habitudes alimentaires, associées à la sédentarité, entraînent une augmentation marquée de l’obésité chez l’enfant alors que les problèmes de dénutrition ne sont toujours pas résolus.

Prévention et prise en charge

Le surpoids et l’obésité, ainsi que les maladies non transmissibles qui y sont associées, peuvent être en grande partie évités et pris en charge.

Au niveau personnel, il est possible de réduire le risque de surpoids et d’obésité grâce à des mesures préventives tout au long de la vie, de la conception jusqu’à la vieillesse :

  • atteindre un poids optimal avant la grossesse et veiller à ne pas prendre trop de poids pendant la grossesse ;
  • allaiter exclusivement au sein pendant les six premiers mois qui suivent la naissance et poursuivre l’allaitement jusqu’à 24 mois, voire au-delà ;
  • manger sainement, pratiquer une activité physique, bien dormir et éviter les comportements sédentaires et passer moins de temps devant les écrans tout au long de l’enfance et de l’adolescence ;
  • limiter la consommation de boissons sucrées et de produits à densité énergétique élevée et pauvres en nutriments ;
  • adopter une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et noix, tout en limitant la consommation d’aliments riches en graisses, en sucre et en sel ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique tout au long de la vie ;
  • dormir suffisamment et veiller au bien-être émotionnel ; et
  • éviter la consommation de tabac et l’usage nocif de l’alcool.

Les professionnelles et professionnels de santé doivent :

  • mesurer régulièrement le poids et repérer précocement les cas de surpoids et d’obésité ;
  • proposer à toutes et tous un accompagnement fondé sur des données probantes pour une alimentation saine, la pratique d’activité physique, le sommeil et d’autres comportements bons pour la santé ;
  • détecter les complications liées à l’obésité, les comorbidités, l’hypertension artérielle, le diabète et les handicaps, et évaluer la santé mentale et d’autres facteurs de risque liés aux MNT ;
  • orienter les personnes obèses pour qu’elles bénéficient d’une prise en charge de l’obésité chronique multimodale, complète et centrée sur la personne, y compris d’interventions comportementales, d’un accompagnement nutritionnel, d’un soutien psychologique, d’un traitement pharmacologique, ainsi que d’une prise en charge métabolique et d’une chirurgie bariatrique, le cas échéant, ou prodiguer ces soins ;
  • établir des plans de soins individualisés à long terme prévoyant un suivi régulier afin d’améliorer la santé cardiométabolique, de favoriser une gestion durable du poids, d’éviter les complications liées à l’obésité et d’améliorer la qualité de vie ; et
  • contrôler la réponse au traitement, la couverture des services, la qualité des soins et les effets du traitement à long terme.

L’obésité relève d’une responsabilité sociale plutôt qu’individuelle. Les habitudes en matière d’alimentation et d’activité physique dépendent fortement de conditions environnementales, commerciales et sociétales qui déterminent, et souvent limitent, les choix personnels. Pour enrayer la progression de l’obésité, il faut donc mener une action coordonnée dans plusieurs secteurs afin de créer des conditions favorables faisant des régimes alimentaires sains et de l’activité physique régulière les options les plus faciles, accessibles et abordables, tout en renforçant les systèmes de santé afin d’élargir l’accès équitable à la prévention, aux interventions précoces et à la prise en charge complète de l’obésité chronique.

À cet effet, les principales mesures suivantes doivent être prises :

  • des mesures structurelles, fiscales et réglementaires pour créer des environnements alimentaires sains dans lesquels les options alimentaires meilleures pour la santé sont disponibles, abordables et attractives ;
  • des mesures concernant les systèmes alimentaires, l’éducation, l’urbanisme, les transports et la protection sociale afin d’agir sur les déterminants de la santé en général et de promouvoir une alimentation saine et la pratique d’une activité physique tout au long de la vie ; et
  • des mesures au niveau du système de santé en vue de renforcer les soins de santé primaires pour repérer les risques, prévenir, diagnostiquer, traiter et prendre en charge l’obésité et les MNT dans le cadre de programmes intégrés de prise en charge de l’obésité chronique multimodale et centrée sur la personne. 

L’industrie agroalimentaire peut jouer un rôle important dans la promotion de régimes alimentaires sains :

  • en réduisant la teneur des aliments transformés en lipides, en sucre et en sel ;
  • en veillant à proposer à l’ensemble des consommatrices et consommateurs des produits sains et nutritifs à un prix abordable ;
  • en limitant la commercialisation d’aliments riches en lipides, en sel et en sucre, notamment ceux qui sont destinés aux enfants ainsi qu’aux adolescentes et adolescents ; et
  • en veillant à proposer des aliments sains et à favoriser la pratique d’une activité physique régulière sur le lieu de travail.

Action de l’OMS

L’OMS a reconnu qu’il était urgent de s’attaquer au problème mondial de l’obésité. Les États Membres de l’OMS ont appelé à agir plus vite au niveau mondial pour lutter contre le double fardeau de la malnutrition, notamment en prévenant et en prenant en charge efficacement l’obésité.

L’OMS a défini une série de « meilleurs choix », applicables, fondés sur des données probantes et d’un bon rapport coût/efficacité, pour la prévention et la prise en charge des MNT. Le retour sur investissement économique de ces « meilleurs choix » en matière d’alimentation saine est estimé à 14 fois la valeur de chaque unité monétaire investie.

Près de neuf pays sur 10 ont adopté des objectifs politiques pour réduire l’obésité. Les pays à revenu élevé ont plus souvent adopté des politiques contraignantes pour une alimentation saine, fondées sur les « meilleurs choix », que les pays à revenu faible.

En 2022, les États Membres ont approuvé le plan d’accélération de l’OMS pour mettre fin à l’obésité. Ce plan aide les pays à transformer les environnements alimentaires et urbains, à produire des connaissances, à susciter une motivation et à donner des compétences pour la population générale et les personnes obèses, et à renforcer les systèmes de santé afin d’élargir l’accès équitable aux services de prévention et de traitement de l’obésité. Il est appliqué dans 34 pays pionniers où vivent 1,3 milliard de personnes, soit un tiers de la population mondiale obèse.

En décembre 2025, l’OMS a publié des lignes directrices sur l’utilisation des analogues du peptide -1 de type glucagon (GLP-1) dans le traitement de l’obésité chez l’adulte. Ces lignes directrices préconisent l’inclusion sûre, équitable et appropriée des analogues du GLP-1 en tant qu’élément de la prise en charge multimodale de l’obésité chronique, aux côtés d’interventions comportementales, nutritionnelles, psychologiques et autres fondées sur des données probantes.

L’OMS collabore avec les pays pour préparer les systèmes de santé à étendre les programmes complets de prise en charge de l’obésité chronique et à soutenir la surveillance de la couverture des services, de la qualité des soins et des résultats en matière de santé.

 

Références bibliographiques

1. NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC). Obesity rise plateaus in developed nations and accelerates in developing nations. Nature 653, 510–518 (2026). https://doi.org/10.1038/s41586-026-10383-0

2. Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Organisation mondiale de la Santé, Banque internationale pour la reconstruction et le développement/Banque mondiale. Levels and trends in child malnutrition: Key Findings of the 2025 Edition of the Joint Child Malnutrition Estimates. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2025

3. GBD 2023 Disease and Injury and Risk Factor Collaborators. “Burden of 375 diseases and injuries, risk-attributable burden of 88 risk factors, and healthy life expectancy in 204 countries and territories, including 660 subnational locations, 1990–2023: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023”. Lancet. 2025; 406:10513 1873.

4. Okunogbe et al., “Economic Impacts of Overweight and Obesity” 2nd Edition with Estimates for 161 Countries. World Obesity Federation, 2022.