Les 53 États membres de la Région européenne de l’OMS ont adopté à l’unanimité la première Feuille de route pour l’action sur l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé de la Région. Ce document présente un projet commun pour l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes de santé d’Europe et d’Asie centrale afin d’améliorer la santé des populations, de soutenir les professionnels de santé et de réaliser des avancées pour la concrétisation de la couverture sanitaire universelle.
Il est important de noter que cette feuille de route constate le rôle croissant de l’IA dans le domaine de la santé et les opportunités qu’elle offre – tant aux patients qu’aux professionnels de santé – pour renforcer les systèmes de santé et, en définitive, améliorer la santé et le bien-être des populations.
Cette nouvelle feuille de route a été approuvée lors de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe, à laquelle ont assisté des ministres de la Santé et des délégués de toute la Région.
« L’IA est déjà en train de transformer les systèmes de santé dans toute notre Région », a déclaré le docteur Corinne Capuano, responsable de l’OMS/Europe. « Avec son aide, on peut dépister plus tôt certaines maladies, alerter les professionnels de santé lorsque l’état d’un patient se détériore, alléger la charge administrative des cliniciens et apporter une réponse aux questions initiales de quelqu’un concernant ses symptômes, de jour comme de nuit. Mais ces possibilités vont de pair avec des responsabilités importantes. Comment garantir que l’IA soit sûre, efficace et équitable ? Comment pouvons-nous protéger les droits des personnes et gagner leur confiance ? Ce sont là des défis qu’aucun pays ne peut relever seul. Cette feuille de route marque une avancée importante : pour la première fois, les États membres se sont mis d’accord sur une stratégie régionale commune visant à tirer parti de l’IA pour la santé. Nous devons travailler ensemble pour veiller à ce que l’IA soit au service des personnes, renforce les systèmes de santé et ne laisse personne de côté ».
Pour une IA responsable
Élaborée en étroite concertation avec les États membres, cette feuille de route s’articule autour de 4 domaines prioritaires interdépendants : gouvernance et leadership ; cadres éthiques, réglementaires et juridiques ; données et infrastructures numériques ; et renforcement des capacités, soutien à la mise en œuvre et apprentissage.
Couvrant la période 2026-2033, cette feuille de route envisage un avenir où l’IA serait intégrée de manière sûre et efficace au sein des systèmes de santé afin d’améliorer la qualité des soins, la résilience et une prise en charge centrée sur la personne. Pour élaborer ce document, l’OMS/Europe s’est appuyée sur les données issues de la première évaluation, à l’échelle de la Région, de l’état de préparation en matière d’IA dans le domaine de la santé, publiée en 2025. Elle a également pris en compte les réactions de 50 des 53 États membres de la Région, qui ont révélé un vif intérêt pour l’IA et des progrès en la matière, tout en mettant en évidence les avancées encore nécessaires.
« L’avenir des soins de santé repose toujours fermement sur les relations humaines, mais l’IA peut désormais être une alliée de taille tant pour les patients que pour les professionnels de santé », a déclaré le docteur Natasha Azzopardi-Muscat, directrice de la division Systèmes de santé à l’OMS/Europe. « Nous sommes convaincus que, lorsqu’elle est bien conçue et correctement réglementée, l’IA permet de proposer en temps utile des soins de meilleure qualité, mieux personnalisés, et cette feuille de route témoigne de l’engagement évident des États membres en faveur de cet objectif. »
Avancer ensemble
La nouvelle feuille de route met l’accent sur :
- l’intégration de l’IA dans les priorités nationales en matière de santé, grâce à des stratégies spécialement définies à cet effet ou adaptées à l’IA, à des responsabilités institutionnelles clairement définies, à des investissements durables et à une participation inclusive des parties concernées ;
- la promotion de mesures de protection et d’une gouvernance tout au long du cycle de vie de l’IA, afin d’encourager l’innovation tout en garantissant la sécurité de l’IA ;
- la consolidation des bases qui assurent la fiabilité de l’IA, l’accent étant mis sur la qualité des données, l’interopérabilité, la sécurité d’accès et la cybersécurité ;
- la transformation de l’IA en valeur ajoutée pour le système de santé grâce aux compétences du personnel, à une mise en œuvre concrète et à une évaluation.
Les institutions européennes et internationales, ainsi que les États membres de la Région européenne, ont contribué à l’élaboration de cette feuille de route.
Ses rédacteurs ont évité un morcellement en s’alignant sur les principaux instruments européens et internationaux, dont le Règlement sur l’intelligence artificielle de l’UE, le Plan d’action pour un continent de l’IA, la Stratégie pour l’application de l’IA, l’Espace européen des données de santé, le Règlement relatif aux dispositifs médicaux et le Règlement général sur la protection des données, ainsi que la liste de contrôle de l’Organisation de coopération et de développement économiques relative aux politiques concernant le déploiement à grande échelle de l’IA dans le domaine de la santé. La feuille de route s’accompagne également d’un guide pratique destiné à fournir aux pays, quel que soit leur niveau de maturité en matière de numérique et d’IA, un cadre concret et évolutif.
Les États membres de la Région européenne se sont également montrés favorables à la création d’un nouveau bureau de l’OMS consacré à l’IA, afin de renforcer les capacités de l’OMS/Europe et des États membres à mettre en œuvre la feuille de route grâce à des données factuelles, à une assistance technique, au renforcement des capacités et à un échange des savoirs.
L’IA désigne les technologies capables d’effectuer des tâches habituellement associées à l’intelligence humaine, telles que reconnaître des éléments récurrents, apprendre à partir de données et résoudre des problèmes. Dans le domaine de la santé, cela signifie que l’IA peut analyser des informations médicales ou personnaliser un traitement.
Cette feuille de route s’inscrit en cohérence avec le Deuxième Programme de travail européen 2026-2030 de l’OMS/Europe, le « Plan d’action régional pour la santé numérique dans la Région européenne de l’OMS 2023-2030 » et la « Stratégie mondiale pour la santé numérique 2020-2027 » de l’OMS.

