OMS
© Photo

Les États membres de l’OMS, partenaires pour un financement durable

28 octobre 2026
Communiqué de presse
Temps de lecture
À l’heure où les États membres se réunissent à Copenhague (Danemark) dans le cadre de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe, avec le budget programme à l’ordre du jour, voici comment l’OMS est financée, quels sont les partenaires qui apportent le plus de fonds et pourquoi le type de financement est important.

Chaque contribution versée à l’OMS aide à soutenir les pays et à préserver la santé aux 4 coins du monde. Les pays de la Région européenne de l’OMS défendent depuis longtemps l’idée d’une OMS forte et dotée d’un financement durable, et bon nombre d’entre eux concrétisent cet engagement par le biais de modes de financement flexibles. En 2024-2025, ils ont fourni 92 % des contributions volontaires de base de l’OMS, ces fonds à objet non désigné qui permettent à l’OMS d’affecter ses ressources là où les besoins sont les plus grands, notamment en matière de soins de santé primaires et de préparation aux situations d’urgence. 

Comment l’OMS est-elle financée ?

Les « fonds souples » se composent des contributions fixées, des contributions volontaires de base et des dépenses d’appui aux programmes. 

Les « contributions fixées » sont les cotisations versées par chaque État membre, calculées en fonction de sa richesse et de la taille de sa population. En mai 2025, les États membres ont accepté d’augmenter encore de 20 % les contributions fixées. Il s’agissait de la deuxième augmentation de cette ampleur, qui témoigne de leur engagement commun en faveur d’un financement durable, dans le droit-fil des recommandations du Groupe de travail sur le financement durable de l’OMS, organe indépendant. Les contributions fixées couvrent désormais environ un quart du budget de base de l’OMS pour 2026-2027, qui s’élève à 4,27 milliards d’USD, et les pays se sont engagés en faveur de nouvelles augmentations d’ici 2030-2031. À titre de comparaison, certains des plus grands hôpitaux européens disposent de budgets dépassant largement les 4 milliards d’USD. 

Les « contributions volontaires à objet désigné » proviennent des États membres, de l’Union européenne et d’autres organisations intergouvernementales, fondations, banques de développement et partenariats. Elles sont aiguillées vers des maladies, des programmes ou des pays précis, et sont indispensables au travail de l’OMS. Toutefois, un niveau élevé de contributions à objet désigné peut compliquer la tâche de l’OMS s’agissant d’aligner ses ressources sur les priorités définies conjointement avec les États membres dans le budget programme. C’est pourquoi les fonds souples sont si précieux. 

« Les récentes coupes budgétaires dont nous avons fait l’objet nous ont contraints à réduire notre budget et nos effectifs », a déclaré le docteur Tedros Adhanom Gebreyesus, directeur général de l’OMS. « Désormais, notre situation est stable et notre financement est entièrement assuré pour l’exercice biennal en cours, 2026-2027. Cependant, la plupart des contributions fixées restent affectées à des fins spécifiques, ce qui laisse subsister des « poches de pauvreté » dans certaines de nos activités. C’est pourquoi le plan que les États membres ont accepté en 2022, visant à augmenter progressivement les contributions fixées pour les porter à 50 % du budget de base, revêt une telle importance. »

Sans conditions

Une petite partie des fonds volontaires n’est assortie d’aucune condition ni d’aucune affectation précise. L’OMS les désigne par le terme « contributions volontaires de base ». Comme ces fonds ne sont pas affectés à un projet ou à un programme spécifique, l’OMS peut les utiliser là où les besoins sont les plus pressants, intervenir dans des domaines qui attirent rarement des aides ciblées et financer de nouveaux besoins.

En 2024-2025, l’OMS a perçu 385 millions d’USD en contributions volontaires de base. Sur ce montant, 356 millions d’USD, soit 92 %, provenaient des États membres de la Région européenne de l’OMS. Neuf des 10 donateurs principaux sont originaires de la Région.

Ces mêmes donateurs restent dans le top 10 en 2026-2027. À la date d’octobre 2026, l’OMS avait perçu environ 192 millions d’USD en contributions volontaires de base pour l’exercice biennal en cours, dont 92 % provenaient d’États membres de la Région européenne.

« C’est grâce aux fonds souples que l’OMS peut intervenir là où les besoins sont les plus pressants », déclare le docteur Corinne Capuano, qui assume les fonctions de responsable de l’OMS/Europe. « Lorsque nos États membres nous accordent des fonds sans les affecter à un usage précis, ils se fient à nous pour les utiliser là où ils auront le plus d’impact. Voilà un exemple concret de financement durable, et nous sommes reconnaissants envers tous les États membres et tous les partenaires qui permettent cela. »
Les 10 principaux bailleurs de contributions volontaires de base pour l’OMS Diagramme en barres horizontales présentant les 10 principaux bailleurs de contributions volontaires de base pour l’OMS, en millions d’USD. Pour 2024–2025 et 2026–2027 à ce jour, respectivement : Royaume-Uni : 189,3 et 84,4; Allemagne : 48,0 et 24,7; Suède : 24,1 et 12,4; Pays-Bas (Royaume des) : 19,3 et 11,6; Australie : 19,1 et 9,4; Norvège : 19,1 et 13,1; Danemark : 17,1 et 9,3; Belgique : 9,3 et 9,4; France : 8,9 et 5,0; Irlande : 6,9 et 3,9. La période 2024–2025 est complète ; les chiffres de 2026–2027 correspondent aux contributions reçues à ce jour. Les 10 principaux bailleurs de contributions volontaires de base pour l’OMS En millions d’USD 2024–2025 2026–2027 à ce jour Royaume-Uni 189,3 84,4 Allemagne 48,0 24,7 Suède 24,1 12,4 Pays-Bas (Royaume des) 19,3 11,6 Australie 19,1 9,4 Norvège 19,1 13,1 Danemark 17,1 9,3 Belgique 9,3 9,4 France 8,9 5,0 Irlande 6,9 3,9 Remarque : pour 2024–2025, il s’agit de la période biennale complète ; les chiffres pour 2026–2027correspondent aux contributions reçues à ce jour.

Où vont les fonds souples ?

À la fin de l’année 2025, l’OMS avait donné une affectation à 302,5 millions d’USD provenant de ses contributions volontaires de base pour la période 2024-2025.
Affectation réservée aux contributions volontaires de base, par ordre d’importance 2024-2025, en millions d’USD. Accès aux services de santé essentiels 124,7; Détection des situations d’urgence sanitaire et action d’urgence 43,0; Données et innovation 28,3; Préparation des pays aux situations d’urgence 27,6; Accès aux médicaments, vaccins et produits de diagnostic pour les soins de santé primaires 24,5. Affectation réservée aux contributions volontaires de base, par ordre d’importance 2024-2025, en millions d’USD 0 30 60 90 120 Accès aux services de santé essentiels 124,7 Détection des situations d’urgence sanitaire et action d’urgence 43,0 Données et innovation 28,3 Préparation des pays aux situations d’urgence 27,6 Accès aux médicaments, vaccins et produits de diagnostic pour les soins de santé primaires 24,5 Le graphique présente les 5 domaines d’activités qui bénéficient des montants les plus élevés.

Ces fonds sont répartis entre toutes les Régions de l’OMS et le Siège, en fonction des besoins. La Région européenne a reçu 17 millions d’USD, soit environ 6 %, ce qui correspond globalement à sa part dans le budget global.

Dans la Région européenne de l’OMS, ces 17 millions d’USD ont permis de soutenir les activités de l’OMS/Europe et de ses bureaux de pays, notamment au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Macédoine du Nord, en Ouzbékistan et en Ukraine. La plus grande part de cette somme, soit 7,5 millions d’USD, a servi à améliorer l’accès aux services de santé essentiels.

Un soutien à l’OMS/Europe

L’OMS/Europe dépend largement de fonds à objet désigné (non souples). En 2024-2025, les contributions thématiques et à objet désigné représentaient quelque 60 % du financement de son budget de base, et les fonds souples constituaient les 40 % restants.

L’Union européenne est la plus grande contributrice de fonds volontaires pour l’OMS/Europe, et un partenaire stratégique essentiel. Elle a alloué 53,4 millions d’USD en 2024-2025 et, à la fin juillet 2026, avait versé 51,5 millions d’USD pour la période 2026-2027, afin de soutenir les priorités communes en matière de santé dans toute la Région. Viennent ensuite l’Allemagne (21,6 millions d’USD), la Grèce (13,5 millions d’USD), la Türkiye (8,3 millions d’USD) et la Roumanie (3,8 millions d’USD). Le Kazakhstan, la Suisse, la Suède, la Banque islamique de développement et Gavi, l’Alliance du vaccin, complètent le top 10.
 
L’Allemagne verse une grande partie de sa contribution à l’OMS/Europe en faisant preuve d’une grande flexibilité. Cela permet à l’OMS/Europe d’orienter cette aide là où elle est le plus nécessaire.

« L’Allemagne est un partenaire de confiance qui permet à l’OMS d’intervenir là où cela compte le plus », poursuit le docteur Capuano. « Ses fonds souples nous permettent d’agir rapidement et d’orienter les ressources pour combler les besoins les plus pressants sur le plan de la santé. Nous sommes reconnaissants envers l’Allemagne pour son soutien et son rôle moteur, qui ont permis de montrer l’impact concret qu’un financement souple peut avoir pour la santé dans notre Région. »

D’autres fonds à objet désigné soutiennent des domaines d’activité clairement définis. En 2024-2025, les financements de l’Union européenne ont été axés sur les soins de santé primaires et les services essentiels, la santé mentale, les professionnels de santé, les données de santé et la santé numérique, ainsi que sur le soutien à l’Ukraine. La Grèce et la Roumanie ont soutenu l’action de l’OMS sur leur territoire, tandis que la Türkiye a financé des mesures de préparation aux situations d’urgence sanitaire.