Madame la Présidente, Madame la Ministre, Dre Alma Möller,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres et Cheffes ou Chefs de délégation,
Madame la Responsable du Bureau régional, Dre Corinne Capuano,
Membres du personnel du Bureau régional et des bureaux de pays, chères collègues et amies, chers collègues et amis,
Bonjour, c’est pour moi un honneur d’être à nouveau à Copenhague.
Je tiens tout d’abord à remercier le Gouvernement et le peuple danois d’accueillir le Bureau régional.
Je remercie également la Dre Corinne Capuano pour son leadership, ainsi que le personnel du Bureau régional et des bureaux de pays pour leur travail acharné au cours d’une période très difficile.
Malgré les défis de l’année écoulée, de réels progrès ont été accomplis, comme le montre le rapport du Directeur régional.
En particulier, je félicite le Danemark pour avoir éliminé la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis ;
le Kazakhstan pour avoir atteint le niveau de maturité 3 de l’OMS en matière de réglementation des médicaments et des vaccins ;
l’Albanie et l’Arménie pour avoir atteint les cibles de lutte contre l’hépatite B ;
et le Bélarus, le Tadjikistan et l’Ukraine pour avoir introduit le vaccin contre le papillomavirus humain, et ce, en pleine guerre, dans le cas de l’Ukraine.
La Région reste exempte de poliomyélite, le nombre de cas de rougeole a fortement chuté l’an dernier, et pour la première fois, tous les États Parties de la Région ont rendu compte de leurs capacités au titre du Règlement sanitaire international.
La consommation d’alcool est en baisse, les pays se servent des taxes sur les produits nocifs pour la santé et des restrictions en matière de commercialisation pour protéger la santé, et la Région est chef de file en matière de climat et de santé.
En Ukraine, l’OMS maintient l’une de ses interventions d’urgence les plus complexes au monde.
Malgré tout, des défis de taille subsistent.
De nombreux ménages restent confrontés à des dépenses de santé catastrophiques.
Les maladies non transmissibles et les troubles de santé mentale ont de lourdes conséquences, et le personnel de santé est mis à rude épreuve.
La transmission de la rougeole est de retour dans plusieurs pays qui l’avaient éliminée.
Les changements climatiques, la violence à l’égard des femmes et les conflits – en Ukraine et ailleurs – continuent de menacer la santé.
L’ordre du jour que vous avez devant vous aborde directement plusieurs de ces défis.
La nouvelle stratégie sur le vieillissement en bonne santé est l’occasion non seulement d’ajouter des années à la vie, mais aussi de la vie aux années vécues.
La feuille de route sur l’intelligence artificielle en santé nous offre la possibilité de faire en sorte que l’IA soit sûre, éthique et équitable ;
qu’elle renforce les systèmes de santé plutôt que de les fragmenter ;
et qu’elle réduise les inégalités, plutôt que d’en créer de nouvelles.
Le Bureau régional montre déjà comment l’IA peut rendre l’OMS elle-même plus efficiente, grâce à sa plateforme interne, Pera, qui est désormais utilisée dans l’ensemble de l’Organisation.
Vos délibérations au sujet d’une nouvelle stratégie pour les maladies non transmissibles et la promotion de la santé seront également l’occasion de remettre la Région sur la bonne voie.
Quarante ans après l’adoption de la Charte d’Ottawa, les données probantes montrent clairement ce qui fonctionne : les taxes sur les produits nocifs pour la santé, les restrictions en matière de commercialisation, les interdictions de fumer et les soins de santé primaires.
Il s’agit à présent de les mettre en œuvre.
Je me réjouis également de la séance d’information technique d’aujourd’hui sur les soins de santé primaires, ainsi que sur la manière de faire progresser la Déclaration d’Alma-Ata dans un monde profondément différent.
Je salue l’initiative spéciale du Bureau régional sur les soins de santé primaires pour l’avenir, qui vise à éliminer le cloisonnement entre programmes et à offrir un soutien plus cohérent aux pays.
Les soins de santé primaires sont aussi le fondement de la sécurité sanitaire.
C’est l’un des nombreux enseignements de la pandémie de COVID-19.
En réponse à ces enseignements, nous avons pris des mesures pour renforcer toutes les dimensions de la prévention, de la préparation et de la riposte aux pandémies : alerte rapide, financement, partage équitable des mesures médicales de lutte, partage des informations sur les agents pathogènes, pour n’en citer que quelques-unes.
Plus important encore, vous, nos États Membres, avez également pris des mesures historiques pour renforcer le cadre juridique international de la sécurité sanitaire mondiale.
En 2024, vous avez adopté des amendements au Règlement sanitaire international (2005), et l’an dernier, en 2025, vous avez adopté l’Accord de l’OMS sur les pandémies, un instrument historique du droit international.
La dernière pièce du puzzle est le Système OMS d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, au sujet duquel vos négociations se poursuivent.
Bien que des divergences subsistent, je suis convaincu que vous trouverez un terrain d’entente, tout comme vous l’avez fait pour l’accord lui-même.
Il est essentiel que vous y parveniez, pour que l’Accord sur les pandémies puisse être ouvert à la signature, que le processus de ratification puisse commencer et que l’Accord puisse entrer en vigueur.
La prochaine pandémie n’attendra pas. Cette année, nous avons déjà eu deux rappels importants de la menace constante posée par les épidémies et des pandémies :
Premièrement, la flambée de hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, qui a touché principalement des passagères et passagers britanniques et américains.
Plusieurs États Membres de cette Région ont joué un rôle important dans la riposte :
Le Royaume-Uni a été le premier à notifier l’OMS de la flambée épidémique.
La Suisse a procédé au séquençage du virus.
L’Espagne a géré le débarquement en toute sécurité des passagères et passagers et des membres de l’équipage à Tenerife – la Ministre Mónica García, qui a dirigé l’opération et que j’ai rejointe à Tenerife, est d’ailleurs ici avec nous – muchas gracias Mónica.
L’Union européenne a pour sa part appuyé les vols de rapatriement.
Et les Pays-Bas ont assuré la prise en charge des membres de l’équipage.
Grâce à vous toutes et tous, cette flambée a été maîtrisée rapidement.
Mais elle a été suivie peu de temps après par une autre flambée épidémique, qui n’est elle pas encore maîtrisée : la 17e épidémie de maladie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Nous observons quelques signes positifs dans le cadre de cette flambée, mais d’importantes sources de préoccupation subsistent.
Je remercie les pays de cette Région, ainsi que l’Union européenne, pour leur appui à la riposte.
Cette riposte a été rendue plus difficile par l’impact des coupes budgétaires des 18 derniers mois.
Bien que l’impact sur les pays soit notre plus grande préoccupation, l’année et demie écoulée a également été difficile pour l’OMS elle-même, comme je l’ai dit dans mes remarques précédentes.
Des coupes soudaines dans notre financement nous ont forcés à réduire notre budget et nos effectifs.
J’ai toujours eu pour conviction que le plus grand risque pour l’OMS n’était pas de perdre des financements, mais de perdre son intégrité.
Le financement peut être rétabli. Mais une fois l’intégrité perdue, il est très difficile de la récupérer.
C’est le choix auquel l’OMS a été confrontée. Nous avons choisi de protéger notre intégrité, de soutenir la science et de gérer les conséquences financières.
Je tiens à vous assurer que nous avons maintenant atteint une situation de stabilité, et que nous allons de l’avant en tant qu’Organisation allégée, plus centrée et mieux équipée pour servir les États Membres.
À bien des égards, la situation financière de l’OMS s’est améliorée.
Nos réserves sont désormais deux fois plus élevées que lorsque j’ai pris mes fonctions de Directeur général.
Notre budget est 23 % plus élevé. Et nous sommes désormais entièrement financés pour l’exercice en cours.
Cela étant dit, la majorité des contributions volontaires demeurent à objet désigné, en conséquence de quoi des poches de sous-financement subsistent dans certains de nos domaines d’activité.
C’est pour cette raison que le plan selon lequel vous, nos États Membres, avez convenu en 2022 d’augmenter progressivement les contributions fixées à 50 % du budget de base est si important.
Si les deux premières augmentations des contributions fixées n’avaient pas eu lieu, nous aurions perdu bien plus de collègues encore. Grâce à vous, ces départs ont été réduits autant que possible.
L’approbation des trois prochaines augmentations des contributions fixées – à commencer par la prochaine, lors de l’Assemblée mondiale de la Santé de l’année prochaine – est essentielle pour préserver l’intégrité, l’indépendance et les compétences de l’OMS.
En effet, l’exercice de définition des priorités et de réalignement que nous avons entrepris l’an dernier visait à protéger dans la plus grande mesure possible les compétences techniques de l’OMS.
Au niveau mondial, la réduction des effectifs a été gérée en grande partie par des départs à la retraite, anticipée ou non, et par la suppression de postes vacants jugés non essentiels.
Ensuite, nous avons réduit les effectifs au sommet, le nombre de Sous-Directrices générales et de Sous-Directeurs généraux ayant été réduit de moitié, et le nombre de directrices et directeurs de près de la moitié.
La plupart des départs forcés ont eu lieu au Siège, mais je sais que la Région européenne a aussi été fortement touchée.
Je sais combien cette période a été douloureuse pour le personnel de cette Région, et je remercie celles et ceux qui ont quitté l’Organisation pour leur service.
Le Bureau régional s’est également attaché à protéger les capacités dans les pays, et a maintenu 33 bureaux de pays tout en adaptant sa présence aux besoins de chaque pays.
C’est également l’objectif du Groupe d’action pour l’obtention de résultats, qui contribue à ce que l’Organisation parvienne à une présence dans les pays à la fois efficace, efficiente, dotée de moyens et axée sur les résultats grâce au modèle de base pour les bureaux de pays.
Je crois fermement que l’OMS peut faire plus avec moins – sans pour autant faire travailler notre personnel encore plus dur.
Il s’agit de tirer parti de notre pouvoir fédérateur sans égal, notamment grâce à notre réseau de centres collaborateurs – une véritable mine de compétences couvrant toute l’étendue de nos activités que nous n’avons pas pleinement exploitée.
C’est pourquoi, en avril de cette année, nous avons organisé le premier Forum mondial des centres collaborateurs de l’OMS à Lyon, et c’est aussi pourquoi nous prévoyons d’en organiser un autre l’année prochaine.
Je me félicite de la séance d’information sur la mise à profit des centres collaborateurs de l’OMS qui aura lieu mercredi, à la demande des États Membres.
Cette Région est celle qui compte le plus grand nombre de centres collaborateurs de l’OMS, à savoir 322. Cinquante-trois nouveaux centres ont d’ailleurs été désignés rien qu’au cours de l’année écoulée.
Le Bureau régional leur transmet ses priorités de manière plus stratégique, au moyen de séances d’information régulières, de réunions nationales et de réseaux thématiques.
Il s’appuie également sur des spécialistes détachés par les États Membres, ainsi que sur l’Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé.
Vous nous montrez ce que nous devons faire à l’échelle mondiale.
Faire plus avec moins suppose aussi de tirer parti des atouts de l’architecture de la santé mondiale, en participant du développement des autres institutions de santé mondiale.
Les chocs financiers de l’année écoulée ont mis à nu des faiblesses de cette architecture qui ne peuvent plus être ignorées :
les doubles emplois, la fragmentation, la concurrence pour l’accès aux ressources et des systèmes qui ne répondent pas toujours aux priorités nationales.
L’OMS joue certes un rôle unique et irremplaçable dans la santé mondiale, mais nous ne pouvons pas tout faire, et nous devons reconnaître que d’autres font certaines choses mieux que nous.
Nous devons donc exploiter au maximum notre pouvoir fédérateur.
Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en mai, les États Membres ont demandé au Secrétariat d’accueillir un processus conjoint en vue de réformer l’architecture de la santé mondiale afin qu’elle devienne davantage centrée sur les pays, plus inclusive et plus transparente.
Un groupe spécial a été créé, coprésidé par l’Allemagne et la Chine, et fera rapport plus tard cette année.
Cette Région doit faire entendre sa voix fermement dans l’élaboration de cette réforme.
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Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues et amis, chères collègues et amies,
Comme vous le savez, il s’agit de la dernière session du Comité régional de l’Europe à laquelle j’assiste en qualité de Directeur général, avant la fin de mon mandat en août de l’année prochaine.
Au cours des dix mois qu’il me reste, j’ai quatre demandes particulières.
Tout d’abord, je vous demande d’approuver la prochaine augmentation des contributions fixées à l’Assemblée mondiale de la Santé de l’année prochaine.
Les deux premières augmentations ont rendu l’OMS plus résiliente et indépendante. Nous devons continuer sur cette voie.
L’augmentation de l’année prochaine, qui viendra s’ajouter à celles qui ont été approuvées en 2023 et 2025, sera un atout précieux pour la prochaine Directrice générale ou le prochain Directeur général.
Deuxièmement, je vous demande de consolider le travail considérable que nous avons accompli dans le cadre de la transformation, de la définition des priorités et du réalignement, afin de bâtir une OMS mieux placée pour servir les États Membres en faisant preuve de neutralité, d’impartialité, d’intégrité et d’indépendance.
Troisièmement, je vous demande de vous mobiliser activement dans la réforme de l’architecture de la santé mondiale. Ne laissez pas à d’autres la conception du futur système.
Veillez à ce que les besoins de cette Région soient pris en compte et à ce que les pays soient placés au cœur du système.
Quatrièmement, je vous demande de finaliser les négociations sur l’annexe relative au Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, afin que l’Accord sur les pandémies puisse entamer le processus de ratification et entrer en vigueur.
Madame la Présidente, Excellences, chers collègues et amis, chères collègues et amies,
Ce fut le plus grand honneur de ma vie de vous servir en qualité de Directeur général.
Je remercie les États Membres de la Région européenne pour leur soutien au cours des neuf dernières années, pour leur engagement en faveur du multilatéralisme, et pour le leadership que cette Région continue d’exercer.
Je me réjouis de pouvoir compter sur votre soutien au cours de l’année à venir.
Et je reste déterminé à mettre toute mon énergie à vous servir, vous et les populations de cette Région, jusqu’à la fin de mon mandat.
Tak skal du have. Je vous remercie.

